L'année 2026 marque un tournant tarifaire pour la kinésithérapie libérale. Après une année 2025 bloquée par le déclenchement de la procédure d'alerte sur les dépenses d'assurance maladie, deux vagues de revalorisation se sont appliquées coup sur coup. Le cabinet KINÉ VALDORÉ, à Strasbourg, fait le point sur ce que ces évolutions changent réellement sur la feuille de soins des patients, sans jargon conventionnel.
Un calendrier bouleversé par la procédure d'alerte de 2025
Les hausses négociées dans le cadre de la convention nationale devaient entrer en vigueur le 1er juillet 2025. Le déclenchement de la procédure d'alerte budgétaire les a gelées, puis repoussées au 1er janvier 2026 [1]. À titre de repère, une séance en cabinet était jusque-là remboursée sur une base de 16,58 € bruts pour vingt à trente minutes de soins individualisés, alors qu'environ un million de patients consultent un kinésithérapeute chaque jour en France [1].
L'avenant 8 : des revalorisations sécurisées au 28 mai 2026
Pour éviter un nouveau blocage, un avenant dit « de sécurisation » a été signé le 28 novembre 2025 entre l'Assurance maladie et les syndicats représentatifs de la profession, puis publié au Journal officiel [2][3]. Son effet principal : avancer au 28 mai 2026 des hausses initialement attendues en juillet 2026.
- Rééducation d'au moins 2 territoires sans chirurgie : cotation portée de 9,49 à 9,79, soit 21,63 € environ [2]
- Rééducation après amputation d'au moins 2 membres : cotation portée de 9,50 à 9,80, soit 21,65 € environ [2]
- Gain moyen : +0,3 point de coefficient, de l'ordre de 0,66 € par séance concernée
Ces revalorisations ciblent les rééducations dites lourdes, pas l'ensemble des actes. Une séance classique de kinésithérapie respiratoire ou de rééducation du genou n'est donc pas concernée par la hausse du 28 mai.
Ce que cela signifie concrètement pour le reste à charge
Le tarif conventionnel sert de base au remboursement : l'Assurance maladie en prend en charge 60 %, le solde revenant à la complémentaire santé ou au patient. Mécaniquement, une hausse du tarif conventionnel augmente aussi la part remboursée, et non le reste à charge, dès lors que le praticien applique les tarifs conventionnés sans dépassement. En situation d'affection de longue durée, d'accident du travail ou de maternité, la prise en charge reste à 100 % sur la base conventionnelle.
À Strasbourg comme ailleurs en métropole, un patient a donc tout intérêt à vérifier deux points avant la première séance : le secteur conventionnel du praticien et la cotation prévue par la prescription. Les montants appliqués sont consultables acte par acte sur les tarifs conventionnels publiés par l'Assurance maladie [3].
Questions fréquentes
Quand les tarifs kiné ont-ils augmenté en 2026 ?
Deux étapes : le 1er janvier 2026 pour les revalorisations reportées de 2025, puis le 28 mai 2026 pour celles sécurisées par l'avenant 8.
Toutes les séances sont-elles concernées par la hausse de mai 2026 ?
Non. L'avenant 8 vise les rééducations de plusieurs territoires et les suites d'amputation de deux membres au moins, pas l'ensemble des actes courants.
Le reste à charge du patient augmente-t-il ?
Pas en principe : la hausse porte sur le tarif conventionnel, dont l'Assurance maladie rembourse 60 %, la complémentaire santé couvrant généralement le solde.
Qui a signé l'avenant 8 ?
L'Assurance maladie et les trois syndicats représentatifs de la profession, dont la FFMKR, le 28 novembre 2025, avec publication au Journal officiel en décembre 2025.
Où vérifier le tarif exact d'une séance ?
Sur la page des tarifs conventionnels de l'Assurance maladie, et auprès du cabinet, qui doit afficher ses tarifs et son secteur de conventionnement.
Sources
- Report des mesures de revalorisation des actes de kinésithérapie – Question écrite n°9123 — Assemblée nationale
- Revalorisations : la FFMKR signe un avenant de sécurisation — FFMKR
- Les avenants à la convention nationale des masseurs-kinésithérapeutes — Assurance Maladie (ameli.fr)

